Toutes ces choses que vous ne voulez pas entendre à propos de l’hygiène naturelle de l’enfant mais qui pourraient bien changer votre manière de voir les choses.
Je vous parlais il y a peu des couches lavables qui, à mon sens, ont été une véritable alternative au lobbying des couches. Et bien, laissez moi vous raconter à présent comment mon fils a réussi à se passer de couches de nuit, et (presque) de jour à 12 mois !
Je me rappelle parfaitement le moment où j’ai eu le déclic. J’avais été prise d’une fringale littéraire à l’approche des fêtes, et Amazon m’avait tout fraichement livré LE livre (parmis tant d’autres – rires). J’étais installée dans le lit, à côté de Maël qui s’était paisiblement endormi. Et l’air de rien, alors même que je m’étais jurée d’attendre Noël, j’ai craqué !
J’étais à la fois fascinée, curieuse et perplexe. C’est comme si toute votre vie on vous avait dit que votre enfant était incapable d’entendre les sons autours de lui et que subitement quelqu’un vous disait « Non, c’est totalement faux, regarde! »
Et là je me suis dit que définitivement je ne pouvais plus continuer comme je le faisais jusqu’à présent. Ce serait comme choisir d’ignorer mon enfant dans son besoin d’être entendu et respecté. Alors j’ai essayé, tout simplement.
Mon fils venait de s’éveiller de sa sieste, donc le moment idéal. Et c’est un petit bonhomme fesses à l’air qui m’a accompagné à la salle de bain ce jour là. Et vous savez quoi? Il m’a fait son premier pipi avec LE sourire jusqu’aux oreilles. Il avait trois mois.
Première étape : oublier ce qu’on nous a appris.
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Non, un enfant ne devient pas « propre ». Il l’est naturellement. Et utiliser ce terme à l’encontre de son enfant fait par ailleurs partie de ce qu’on appelle « les douces violences » qui peuvent blesser l’enfant dans son estime.
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L’enfant est tout à fait continent et est même capable de retenir un pipi ou plus si affinité si le parent n’est pas disponible ou si la situation ne s’y prête pas. C’est seulement passé un certain moment, lorsque l’enfant intègre que ses signaux ne sont pas perçus ou interprétés correctement par l’adulte qu’il cesse de les manifester. Il va perdre peu à peu cette conscience qu’il a de son besoin d’aller aux toilettes. Ce qui induit une « rééducation » nécessaire aux alentours des 2-3 ans, selon l’enfant.
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Un bébé n’aime pas salir sa couche ou ses sous-vêtements. Qui aime ça, ceci dit?
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On peut tout à fait commencer à communiquer avec bébé autour de l’élimination, même si on n’a pas démarré à la naissance. La fenêtre idéale se situe néanmoins avant six à 8 mois.
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Il est plus facile d’être continent de nuit, contrairement à ce que les parents peuvent penser. Merci aux hormones !
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Amener bébé aux toilettes ou autre lieu désigné ne prends pas plus de temps que de devoir changer une couche. Merci au marketing, qui a tellement bien fait son boulot, qu’on en vient à associer la couche à la FACILITE.
Note : Saviez-vous d’ailleurs que plus de la moitié des enfants du globe sont « propres » avant un an? Chine, Afrique, Allemagne, Autriche, Canada, Pérou, Etats-Unis, etc. font partie des pays où se pratique l’HNE (Hygiène Naturelle de l’Enfant), de manière généralisée ou localisée.
Economique pour certains, écologique pour d’autres, cette façon d’aborder l’enfant est également plus respectueuse et bienveillante.
Sceptiques? Attendez de voir la suite!
Deuxième étape : Prendre une décision consciente
Pratiquer l’HNE ne se fait pas sur un coup de tête. Il s’agit d’un choix conscient, éclairé qui réponds à un désir profond de votre part. Bien sur, ne pas pratiquer l’HNE ne fait pas de vous des parents indignes (Promis!) et on ne vous flagellera pas sur la place publique pour utiliser des couches, quelles qu’elles soient.
Pour ma part, j’ai choisi de la pratiquer à ma façon. C’est à dire en alternance avec des couches lavables. Nous étions en décembre et je ne me sentais pas l’âme aussi vaillante que pour me dire de devoir changer bébé en cas de raté. J’ai donc essayé d’être la plus attentive possible aux signaux que bébé pouvait envoyer. Ce qui a donné, je dois dire un passage un peu frénétique où le moindre mouvement me paraissait suspect. Vive les aller-retour les trois premiers jours (rires).
Troisième étape : observer son rythme naturel
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Combien de fois fait-il pipi/caca sur la journée, à quelle fréquence?
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A quel moment spécifiquement?
Vous allez vous rendre compte, petit à petit que bébé observe un schéma relativement constant (en dehors des petits virus, ou de grands changements évidemment : voyage, déménagement, etc.).
Par exemple, il est assez facile de dire combien de fois votre enfant fait caca sur la journée, surtout une fois qu’il commence à grandir et qu’il mange en partie solide. C’est, je dirais, le timing le plus facile à repérer. Lorsqu’ils sont tout minis, et allaités à la demande, les cacas peuvent coincider avec les tétées. Soit pendant, soit juste après, ou à un intervalle précis (10-20 minutes après la tétée). A vous de jouer et d’observer le rythme de votre enfant !
Là où ça devient comique, ce sont les pipis. On a souvent l’impression qu’il fait pipi tout le temps! Et en un sens, ce n’est pas faux lorsqu’on sait qu’un nouveau-né urine entre 8 à 18 fois sur la journée. Gloups. Mais rassurez-vous, petit à petit les pipis vont s’espacer. Repérez également chez les nouveaux-nés les moments clés : après la sieste, lors de la tétée, ou juste après celle-ci.
Question timing, j’ai pu observer chez Maël qu’il devait faire pipi après chaque réveil. Et que le plus important, était celui du matin, et du post petit-déjeuner ! Un autre moment où il peut faire plus souvent pipi sera l’après-midi après le repas, contrairement au soir ou en fin de matinée où il peut rester un bon moment sans devoir aller aux petits coins.
Quatrième étape : prendre connaissance des signaux
Souvent, on commence l’HNE alors même que l’enfant ne s’exprime pas encore en « mots ». Or, vous l’aurez certainement remarqué, une maman est tout à fait capable de comprendre son enfant. Tout comme l’enfant est tout à fait capable de comprendre les signaux envoyé par le parent.
Les sons qu’il émet, sa tonalité, ses pleurs, ses mouvements. Sont autant de signaux qui vous indiquent lorsque bébé a besoin de réconfort, qu’il est fatigué, a faim, est inconfortable, etc.
Et bien, cela fonctionne exactement de la même manière avec l’élimination !
Note : saviez-vous que les enfants né prématurément sont extrêmement sensibles à leur environnement? Une simple caresse peut être perçue comme une agression, de même qu’un bruit qui nous parait anodin, peut être perçu comme une véritable cacophonie par le tout petit. De nombreux professionnels ont mis en lumière différents signes de stress émis par le prématuré : grimace, sursaut, éternuement, baisse de la fréquence cardiaque, pauses respiratoires, etc.
Si ces petits bouts peuvent communiquer aussi clairement sur des notions comme la peur, l’inconfort, le bien-être, la fatigue, etc. Pourquoi un enfant né à terme ne pourrait pas nous signaler qu’il doit faire pipi?
Cinquième étape : laisser parler son intuition
L’HNE se base également sur une écoute attentive et bienveillante entre le parent et l’enfant. Il s’agit ici d’une sorte de cercle vertueux. Plus vous serez attentive à bébé et aux signaux qu’il vous envoie, plus il vous sera facile et rapide de le comprendre. Cela permettra également à votre enfant de développer sa confiance en lui, en sa capacité à communiquer et à être entendu. Et vous verrrez que petit à petit, il affinera ses signaux, et sa communication verbale et non verbale va évoluer.
Vous allez donc au fil du temps développer ce qu’on appelle un « sixième sens ». Vous SAUREZ instinctivement lorsque votre enfant aura besoin d’aller aux petits coins.
Sixième étape : la suggestion.
Enfin, vous avez également ce qu’on appelle « la suggestion ». Il s’agit d’un son que le parent va émettre à chaque fois que l’enfant fait pipi ou caca.
Chaque besoin est caractérisé par un son différent :
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Une sorte de sifflement aigu pour les pipis,
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Et un grognement sourd pour les cacas.
Petit à petit l’enfant va intégrer ces signaux et les associer au besoin correspondant. Ainsi, le parent pourra proposer à l’enfant d’éliminer lorsqu’il jugera nécessaire de le faire.
Pour cette partie, je fonctionne un rien différemment. Le fait de le mettre dans la position « élimination » (je le soutiens en dessous des genous, les jambes en grenouille) ou de l’amener aux toilettes simplement si on est à la maison, lui envoie le signal d’élimination. Lorsqu’il était tout mini j’associais la position à un son type « Ssss » pour pipi et « Mmmmh » pour les popos. Mais j’ai laissé cela de côté lorqu’on a commencé à affiner notre fonctionnement.
Septième étape : Rester cool !
Comme pour chaque apprentissage, il faut garder à l’esprit que chaque enfant est unique. Et par conséquent différent !
Les clés que je vous donne ne sont que des pistes, qui m’ont aidé moi-même à me lancer dans l’aventure et à pouvoir construire notre propre mode de fonctionnement mais bien sur il en existe milles autres ! A vous d’essayer, de voir ce qui résonne pour vous deux, ce qui vous plaît, ce qui vous semble plus facile compte tenu de votre mode de vie.
Un enfant peut acquérir certaines compétences, évoluer et vous surprendre puis stagner voire régresser sans que vous ne sachiez pourquoi. Ne lui mettez pas la pression ! Faites lui confiance et accueillez ces changements avec amour et bienveillance. Rien dans l’évolution d’un petit loup n’est figé, gardons cela à l’esprit.
Si un pipi se perd, gardez patience. Vous pourrez même en rater plusieurs sur la journée. Ce n’est rien ! Vous n’êtes pas un mauvais parent, et votre enfant n’est ni « sale », ni machiavélique (Non, il ne le fait pas exprès pour vous ennuyer, je vous le promet!). Il se peut qu’il soit occupé à acquérir une nouvelle compétence qui recquiert toute son attention, ou qu’il ai vécu un changement dans son environnement qui le perturbe.
Alors gardez confiance. Tout comme vous ne doutez pas une seule seconde du fait qu’il marchera alors même qu’il y a quelques mois il était même incapable de s’asseoir ou de soutenir sa tête tout seul. Votre enfant a besoin de votre soutien et de votre amour inconditionnel pour évoluer dans la bienveillance.
A très vite !
Laura.
Toutes ces choses que vous ne voulez pas entendre à propos de l’hygiène naturelle de l’enfant mais qui pourraient bien changer votre manière de voir les choses.